Les quartiers sensibles de Paris qui ont subi des destructions de bâtiments

Globalement la capitale a été épargné, on ne compte pas beaucoup de destruction de bâtiments comme en banlieue parisienne. L’Etat évite de détruire à Paris et préfère réhabiliter, rénover, grillager, restructurer et installer des caméras de surveillance. Mais il existe tout de même quelques lieux marquants qui ont été détruit à petite ou grande échelle comme l’îlot Chalon (12ème), la cité 140 Ménilmontant (20ème), la Porte de Saint-Ouen (17ème), la cité Python-Duvernois (20ème), la Porte de Clignancourt (18ème) le quartier Quai de la Gare (13ème) ou encore la cité Paul Bourget (13ème).

Bizarrement le 19ème arrondissement, point noir de la capitale, n’a pas (encore) été impacté par ces démolitions, contrairement aux 12ème, 13ème, 17ème, 18ème et 20ème arrondissements.

Voici un bref récapitulatif, par ordre chronologique, des cités de Paname qui ont subi des destructions d’immeubles.

Ilot Chalon (12ème)

Ilot Chalon, que l’on pourrait qualifié de « Bronx parisien », a été un quartier très malfammé dans les années 80’s, un lieu où se mêlait drogue dure, violence, prostitution et règlements de compte. On va jusqu’à parler d’une agression toutes les 10 minutes! Pour un quartier en plein Paris, à quelques encablures de la Gare de Lyon, c’était intolérable. Mais c’est seulement à partir de 1984, suite à 2 meurtres survenus dans le quartier qui ont choqué l’opinion publique, que le gouvernement envisage de détruire ce quartier insalubre et gangréné pour totalement le repenser et le réhabiliter, cela va même jusqu’à changer le nom du quartier pour faire table rase. Aujourd’hui, l’Ilot Chalon n’est plus, il ne reste que son histoire et sa mémoire.

Destruction de bâtiments (700 petits logements détruits), réhabilitation de certains immeubles, création d’un jardin et implantation d’un commissariat.

Date des destructions : 1984

L’îlot Chalon était un quartier d’environ 7 hectares situé dans le 12e arrondissement, délimité par la rue de Chalon, l’avenue Daumesnil, le boulevard Diderot et la rue de Rambouillet, à proximité de la gare de Lyon. L’îlot est devenu connu au cours des années 1980 à cause du trafic et de la consommation de drogue qui avaient lieu dans ses rues. Aujourd’hui, le quartier a été rénové, et il ne porte plus son ancienne dénomination.

Îlot Chalon (12ème), des policiers qui font leur ronde passage Brunoy – Crédits : Francis Campiglia (via VICE)

À la fin des années 1970 ont surgi les premiers squats dans des bâtiments désaffectés de la SNCF. Au tournant des années 1980, le trafic de haschich marocain a été remplacé par des drogues plus dures, et pendant les années suivantes la dégradation du quartier s’est accentuée. En mai 1984, l’opinion publique avait été choquée par les deux meurtres liés à la drogue survenus dans l’îlot. Ces événements ont été vécus comme un traumatisme par les habitants du quartier, qui avaient vu l’attention des médias sur leur environnement de vie s’intensifier.

Îlot Chalon (12ème), passage Brunoy – Crédits : Francis Campiglia (via VICE)

La Ville de Paris avait déjà décidé la rénovation du quartier en 1980, mais c’est seulement à partir de 1984 que l’aménagement a été confié à société d’économie mixte Semea-Chalon, devenue la Semaest. La rénovation consistait principalement en la démolition de bâtiments (700 petits logements), la conservation et réhabilitation de certains immeubles, la création de nouveaux logements et d’un jardin, et l’implantation du commissariat du XIIe.

Ce projet fut rejeté par une majorité d’habitants, qui accusèrent certaines autorités publiques de laisser pourrir le quartier, pour faire fuir les habitants et préparer ainsi la rénovation urbaine.

Cette rénovation aurait conduit au déplacement des populations marginalisées vers le nord-est de Paris, et à un déplacement du trafic de drogue de l’espace privé (squats) vers l’espace public dans le quartier. La présence de consommateurs de drogue dans la rue à ce moment-là avait fait l’objet d’une forte mobilisation policière.

La rénovation réalisée dans les années 1980 et 1990 a entrainé le déplacement et la mise en souterrain de la rue de Chalon, la création de la Place Henri-Frenay devant un hall de la gare de Lyon, des rues Chrétien-de-Troyes et Roland-Barthes et du petit square Philippe-Farine. Le tracé historique de la rue Jean-Bouton, des passages Raguinot et Gatbois a été maintenu ainsi que les immeubles à l’extrémité de ces passages donnant sur l’avenue Daumesnil.

Îlot Chalon (12ème) – Crédits : Francis Campiglia (via VICE)

Qualifié dans les médias de « cancer urbain de la drogue », comparé par Paris Match à Cholon, le quartier chinois de Saigon réputé pour son marché de l’opium et ses « ruelles lépreuses » désertées par la police, nommé le « Lower East Side » parisien par Libération, cette cour des miracles contemporaine a frappé les consciences avec ses images de saleté, de violence et de mort : trafic et shoots collectifs au « brown sugar » en pleine rue, violences (on va jusqu’à parler d’une agression toutes les dix minutes) et prostitution se manifestent en plein jour dans les passages Brunoy, Gatbois ou encore Raguinot, tandis que les entrepôts abandonnés servent de refuges pour des centaines d’immigrés clandestins et de lieu de stockage de stupéfiants et que les vieux habitants du quartier, terrorisés et cloîtrés dans leurs appartements, doivent enjamber chaque jour les toxicomanes dans le hall de leur immeuble délabré.

Îlot Chalon (12ème), trafic nocturne – Crédits : Francis Campiglia (via VICE)

Une friche urbaine, un quartier pauvre et pluriethnique
Bien avant d’être désigné au début des années 1980 par les élus du 12e comme une « honte pour Paris et pour l’arrondissement », l’îlot Chalon était déjà considéré depuis le début du siècle comme un îlot d’insalubrité à rénover impérativement. Comme son nom l’indique, ce bout de quartier de 9 hectares, né en 1847 avec la gare et aujourd’hui détruit, était enclavé entre les chemins de fer, l’avenue Daumesnil et les rues de Rambouillet et Chalon.

Îlot Chalon (12ème) – Crédits : Francis Campiglia (via VICE)

L’îlot Chalon était aussi un quartier d’immigration, nourri pendant plus d’un siècle par plusieurs vagues différentes : de « quartier italien » à la fin du XIXe siècle, l’îlot devint pendant l’entre-deux-guerres le premier « quartier chinois » de Paris, réputé pour ses salles de ma-jong et aussi quelques petites fumeries d’opium clandestines. Par la suite, des Maghrébins vinrent s’installer et prendre, comme les autres, la relève des petits commerces (épiceries, restaurants, cafés et dépôt d’artisanat destinés au commerce ambulant), qui animaient les rues de Chalon et Hector-Malot. Enfin, à la fin des années 1960, l’îlot Chalon commença à se métamorphoser en « quartier africain » avec une importante immigration de Sénégalais qui occupèrent des hôtels meublés et se spécialisèrent dans le colportage d’objets d’art et de pacotille.

En 1982, à l’époque où se manifestent les problèmes de drogue, l’îlot Chalon est la zone de Paris où se concentre le plus d’étrangers : leur part est passée de 14,5% en 1958 (« Musulmans » d’Algérie compris) à 75,3% en 1982, pour une population de 5000 habitants (33,3% de Sénégalais, 13,1% d’Algériens, 7,3% de Tunisiens, 6% de Vietnamiens, 5,9% de Marocains, 5,1% de Chinois, 2,5% de Maliens, 2,5% de Yougoslaves, 1% d’Espagnols, et 2,3% d’autres nationalités). Mais aux premiers commerçants sénégalais qui se sont insérés sans mal dans les sociabilités et les activités commerciales semi-légales semi-clandestines du quartier, se sont ajoutés au cours de la décennie 1970 de nouveaux immigrés africains, ouvriers ou chômeurs, réguliers ou clandestins à la recherche d’un logement bon marché. L’opération de régularisation exceptionnelle des sans-papiers effectuée par les socialistes au pouvoir en 1982 a permis de recenser officiellement 900 Africains, mais leur nombre est sans doute plus proche de 1500. (Dussolier C. L’îlot Chalon, histoire d’une rénovation : ses acteurs, ses enjeux, mémoire de maîtrise de géographie, Paris VII, 1982, publié en 1983 par le comité de défense des habitants de l’îlot Chalon).

Îlot Chalon (12ème) – Crédits : Francis Campiglia (via VICE)

L’îlot fut longtemps un quartier populaire, cosmopolite et pittoresque apprécié de ses habitants et même des Parisiens, sa dégradation sur le long terme (qui a pu donner naissance à l’économie informelle et lucrative de la drogue) est le fruit de la négligence de bon nombre d’acteurs.

Pour en savoir plus sur l’îlot Chalon :

https://vih.org/20130415/lilot-chalon-le-ghetto-parisien-de-la-drogue-du-debut-des-annees-1980/

https://www.vice.com/fr/article/dpmb7z/l-histoire-de-llot-chalon-le-bronx-en-plein-coeur-de-paris

140 Ménilmontant (20ème)

Dans les années 1990, la cité Bonnier appelée plus communément 140 Ménilmontant était jugée impénétrable. Véritable labyrinthe de 30 bâtiments de 6 étages et disposant d’une entrée unique au numéro 140 rue Ménilmontant, d’où la cité tire son nom, il a fallu détruire 8 bâtiments afin de créer une rue pour la désenclaver du reste de la ville. La cité 140 surnommée le « Karcent » était l’une des zones les plus dangereuses de Paris et un gros problème pour le gouvernement puisque la police ne pouvait pas y pénétrer et qu’à l’intérieur de la cité se déroulait des choses pas très nettes, à l’abri des regards, dont un gros trafic de drogues. Problème radical, solution radicale, l’Etat décide donc de détruire de nombreux bâtiments comme dans les tess les plus sombres de banlieues (les 4000, les Bosquets, la Pierre-Collinet…) et ceci dès 1993 ! C’était et ça reste exceptionnel pour une tess en plein Paris.

Cité Bonnier « 140 Ménilmontant » (20ème) à sa construction – Crédits : Atelier Cambium
Cité Bonnier « 140 Ménilmontant » (20ème) à sa construction – Crédits : Atelier Cambium

Destruction de 8 bâtiments, création d’un square et d’une rue en plein milieu de la cité.

Date des destructions : de 1993 à 1999

La cité 140 Ménilmontant avant sa réhabilitation. On voit clairement la grille qui séparait la cité du monde extérieur et qui faisait du Karcent un labyrinthe impénétrable – Crédits : Les HBM : un patrimoine multiple (1894-1949) DHAAP / DAC – RAPPORT 2019.
Plan de la cité Bonnier, 140 Ménilmontant avant et après sa réhabilitation – Crédits : Les HBM : un patrimoine multiple (1894-1949) DHAAP / DAC – RAPPORT 2019.

Conçue par Louis Bonnier entre 1920 et 1928, la Cité est constituée d’un ensemble de résidences organisé autour de cours privatives.

Croquis de la cité Bonnier « 140 Ménilmontant » (20ème) – Crédits : Atelier Cambium
La cité 140 Ménilmontant (20ème) surnommée le « Karcent » après réhabilitation. On voit clairement la rue qui a été créée et qui passe désormais en plein milieu de la cité – Crédits : Paname-city-street (blog)

A nouveau sollicité par la ville, Bonnier est chargé de construire le plus grand ensemble de HBM (584 logements) de l’entre-deux-guerres. Les travaux durent de 1922 à 1928. Le projet n’est pas facile compte tenu du fort dénivelé de la parcelle de 12.000 m2. Autour d’un square central, une trentaine de bâtiments sont construits parallèlement à la rue de Ménilmontant et implantés en peignes pour une bonne circulation de l’air (...)

La cité 140 Ménilmontant – Crédits : Paris-promeneurs.com

Malheureusement, l’architecte est tombé dans le piège d’avoir pensé un espace clos : les bâtiments sont cernés de murs et fermés par une grille ! Les habitants s’y sentent retranchés et isolés du reste du quartier.

La cité 140 Ménilmontant – Crédits : Paris-promeneurs.com

« Dans l’univers fermé de Bonnier, les activités illicites avaient cours à l’abri de tous dans les innombrables culs-de-sac : pas de passants, pas de circulation automobile, pas de regards extérieurs à part ceux des habitants des lieux réduits au silence de peur de représailles. Pas de présence policière non plus puisqu’on était dans une enceinte privée. Pour entrer, la police avait besoin d’une autorisation expresse du bailleur », résume Michel Benoît, du cabinet Ausia, qui a restructuré la cité Bonnier, après être intervenu sur d’autres sites sensibles, notamment à Roubaix.

Dans ce groupe d’immeubles du haut de Ménilmontant, l’espoir en question a été éveillé par des travaux lourds de réhabilitation et une tentative de faire reculer l’insécurité par un traitement urbain «sur mesure». Le chantier a duré six ans. «Avant, on se sentait abandonnés à nous-mêmes, oubliés. La réhabilitation a fait du bien au moral des gens. Ils ont démoli des bâtiments, ouvert la cité, créé un square, installé des ascenseurs, modernisé les appartements», énumère Fatima, une femme d’une quarantaine d’années.

Deux ans après l’achèvement des travaux, les problèmes de fond liés aux trafics et à l’économie illégale demeurent. Mais le percement d’une rue pour désenclaver la cité a atténué le sentiment d’insécurité. «Quand on rentre chez soi, on arrive par la rue. Ça rassure un peu», explique une autre locataire. La réhabilitation a permis de ressusciter un tissu associatif moribond. «Ici, c’est l’avenir de nous tous qui est en jeu», affirme Fatima Hebal. Son association tente de recréer des liens, en organisant des réunions d’habitants, des ateliers de dessin ou de peinture pour les plus petits.

La cité 140 Ménilmontant – Crédits : Paris-promeneurs.com

Dédale. «Avant» (les travaux), la Cité Bonnier ressemblait à une forteresse avec ses immeubles disposés en forme de labyrinthe et un réseau complexe de ruelles intérieures. Une seule entrée desservait cette petite ville dans la ville, 597 logements regroupant plus de 2 000 habitants. Encore aujourd’hui, les gens du quartier désignent Bonnier par cette entrée unique en parlant du «140, rue Ménilmontant».

La cité 140 Ménilmontant – Crédits : Paris-promeneurs.com

Porte de Saint-Ouen (17ème)

Le quartier de la ZAC Pouchet (Porte de Saint-Ouen / Porte Pouchet) appelé plus simplement Porte de Saint-Ouen est un tiékart sensible situé au nord de la capitale dans le 17ème arrondissement. C’est le premier quartier parisien à avoir subi des démolitions totales ou partielles de tours et de barres HLM. Tout d’abord la destruction totale de la tour Borel, puis la destruction partielle de la barre Borel ainsi qu’une réhabilitation de celle-ci, et enfin une totale réhabilitation de la tour Bois-le-Prêtre.

La Zac Pouchet (sans la tour Borel qui a été détruite) – Crédits : Infime

Destruction de la tour Borel, suivi de la barre Borel détruite sur un tiers de sa longueur puis réhabilitée, et enfin la tour Bois-le-Prêtre entièrement réhabilitée.

Date des destructions : 2013/2014

La tour Borel

La grande tour emblématique du quartier, la Tour Borel ou Tour Casio surnommée également « La Tour » par les jeunes du quartier a été détruite en 2013 / 2014.

La tour Borel – ou tour Casio en raison de l’enseigne qui trônait sur son toit – fut construite dans le cadre de l’urbanisation du nord des 17e et 18e arrondissements de Paris (entre les boulevards des Maréchaux et le Périphérique).

Implantée à proximité immédiate du Périphérique, à la hauteur de la sortie de la Porte de Saint-Ouen, l’édifice comptait 96 logements sociaux.

Dans le cadre du GPRU (Grand projet de rénovation urbaine) de la Porte Pouchet engagé en 2003, il a été décidé la démolition de cette tour, jugée bien trop proche du Périphérique pour envisager une réhabilitation durable à l’image de la tour Bois-Le-Prêtre voisine.

C’est ainsi qu’après une phase de désamiantage, la tour a été démolie par grignotage entre fin 2013 et février 2014, ainsi qu’un tiers de la barre Borel voisine.

La tour Borel – Crédits : Atd démolition
La tour Borel en démolitionCrédits : Sergio Grazia

La barre Borel

La barre Borel, construite dans le cadre de l’urbanisation des quartiers du nord de Paris à la fin des années 50, fut réhabilitée une trentaine d’années après sa livraison.

Longtemps appelée « Bouygues Télécom » dans le quartier du fait de la publicité lumineuse qui a orné son sommet pendant des années, cet immeuble est aujourd’hui en pleine réhabilitation.

En effet dans le cadre du projet de rénovation de la Porte Pouchet, un tiers de la barre -le plus proche du périphérique- a été détruit, les deux-tiers restants sont en pleine restructuration et une extension au sud de l’immeuble est en construction.

L’ancienne barre Borel ou « barre Bouygues » (17ème) – Crédits : Noobax (Flickr)
La barre Borel (17ème). A gauche, l’ancienne barre, à droite la nouvelle barre après réhabilitation – Crédits : Batiserf
La barre Borel en travaux – Crédits : Batiserf
Barre Borel en travaux – Crédits : Clément Guillaume (Flickr)
La barre Borel après réhabilitation – Crédits : Batiserf
La barre Borel après réhabilitationCrédits : Batiserf
La barre Borel après réhabilitation – Crédits : Q_DC

La tour Bois-Le-Prêtre

Construite entre 1959 et 1961 sur les plans de l’architectes Raymond Lopez – assisté de Claude Berson, A. Cadot et Jean Lepinte – la tour Bois-le-Prêtre fut la première tour construite dans le cadre de l’urbanisation du nord des 17e et 18e arrondissements de Paris (entre les boulevards des Maréchaux et le périphérique, inexistant à l’époque, puisque son premier tronçon ne sera ouvert qu’en 1966.

Elle fut sommairement réhabilitée en 1990 avec notamment une colorisation assez regrettable de ses façades.

Dans la première moitié des années 2000, face à la dégradation avancée de la tour, une démolition est dans un premier temps envisagée, puis finalement abandonnée pour un projet de réhabilitation.

En 2007, l’équipe de maîtrise d’œuvre emmenée par Frédéric Druot (mandataire) associé à Lacaton & Vassal remporta le concours pour la transformation de cet immeuble, mandatée par l’OPAC de Paris (devenu Paris Habitat).

La complexité de ce chantier résidait notamment dans le fait que les travaux se sont déroulés en site occupé. Achevée en 2011, cette restructuration spectaculaire a obtenu la même année le prestigieux Prix de l’Équerre d’Argent distribué par Le Moniteur.

La tour Bois-le-Prêtre – Crédits : Frédéric Druot, Anne Lacaton, Jean-Philippe Vassal
La tour Bois-le-Prêtre après réhabilitation – Crédits : Q_DC

Porte de Clignancourt (18ème)

Destruction de la tour située tout près du périphérique à hauteur de la porte de Clignancourt.

Date de destruction : 2016

Porte de Clignancourt (18ème), la tour orange tout à gauche, qui a été détruite en 2016 et la grande barre bleue/verte juste à côté, qui a été conservée.

La barre d’immeuble de la porte de Clignancourt (XVIIIe) n’en a plus pour très longtemps à dominer le périphérique. Murés depuis plusieurs mois, les premiers étages ont été ouverts ces derniers jours pour commencer le chantier de démolition. Résultat, les tagueurs ont attaqué la façade. « Les travaux vont rapidement commencer », affirme-t-on en mairie du XVIIIe.

Autour de ce chantier, situé rue Ginette-Neveu, c’est un plus vaste projet de rénovation de l’îlot Francis-de-Croisset qui est à l’étude par la Ville. « A la place des logements, nous voulons édifier des hébergements non pérennes Il est d’abord prévu de construire une auberge de jeunesse et un hôtel sur le site », indique la mairie.

Tour de Clignancourt- Crédits : kikidu93450 (Pinterest)

La tour Clignancourt, construite dans les années 1960 par l’architecte Raymond Lopez pour le compte de l’OPHLM de Paris (tout comme d’autres tours bordant le Boulevard Périphérique entre les portes de Saint-Ouen et des Poissonniers), comptait 84 logements sociaux répartis à travers 14 étages. Cette tour était située à proximité immédiate d’une bretelle donnant accès au Périphérique.

Dans le cadre du GPRU Porte Montmartre – Porte de Clignancourt – Porte des Poissonniers, il a été décidé la démolition de cette tour, jugée bien trop proche du Périphérique. Les habitants subissaient en effet d’énormes nuisances sonores, plus de 200 000 véhicules par jour (soit environ 80 millions par an) passant sur le tronçon Porte de Saint-Ouen – Porte de Clignancourt.

En raison de son emplacement, il fut impossible de démolir la tour par dynamitage, mais plutôt par « grignotage » aux petits engins et marteaux-piqueurs.

Le chantier de démolition de cette tour de 14 étages s’est achevé mi-novembre 2016.

Rue Ginette-Neveu (XVIIIe). Les mois sont comptés pour cette haute barre d’immeuble de la porte de Clignancourt qui va être démolie avant un réaménagement complet du quartier – Crédits : E. L. M. (Le Parisien)

https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75018/la-barre-de-la-porte-de-clignancourt-vit-ses-derniers-jours-10-05-2016-5783539.php

Paul Bourget (13ème)

La cité Paul Bourget est l’une des rares cités parisiennes à avoir subi autant de démolition. Elle donne sur le périphérique à hauteur de la Porte d’Italie dans le 13ème arrondissement et est composée de bâtiments HLM dont une grande barre en forme de « L » qui a été détruite lors de la réhabilitation de la cité et remplacée par de nouveaux bâtiments plus modernes.

La cité Paul Bourget (13ème)

Plusieurs bâtiments détruits dont la grande barre en L, un magasin Bricorama, des parkings…

Date des destructions : 2016 à 2018

La cité Paul Bourget (13ème)
La cité Paul Bourget (13ème)
Cité Paul Bourget (avec la grande barre en L) – Credits : SEMAPA – Parispaulbourget
Cité Paul Bourget (après la réhabilitation) – Credits : SEMAPA – Parispaulbourget
Cité Paul Bourget (après la réhabilitation) – Credits : SEMAPA – Parispaulbourget
Cité Paul Bourget (13ème), les décombres du Bricorama, décembre 2016 – Crédits : citepaulbourget (WordPress)
Cité Paul Bourget (13ème), janvier 2017 – Crédits : citepaulbourget (WordPress)
Cité Paul Bourget (13ème), février 2017 – Crédits : citepaulbourget (WordPress)
Cité Paul Bourget (13ème), août 2018 – Crédits : citepaulbourget (WordPress)
La cité Paul Bourget
Une partie des nouveaux immeubles de la cité Paul Bourget – Credits : Ludovic Gutierrez – Construction 21
La cité Paul Bourget

Python-Duvernois (20ème)

Cité parisienne à hauteur de la Porte de Bagnolet, à deux pas du périphérique dans le 20ème arrondissement, la cité Python-Duvernois est souvent considérée comme étant le quartier le plus pauvre de Paris. En plus des trafics, des guerres de bandes et des rodéos urbain, la cité avait beaucoup de problèmes de vétustés et d’insalubrités. Pour remédier à tout ça, l’Etat a décidé de démolir dernièrement 3 barres d’immeubles. Et ce n’est que le début…

Cité Python-Duvernois (20ème)
Cité Python-Duvernois (20ème)

Destructions des barres E et F en 2022, puis de la barre I en 2023. D’autres destructions sont à venir dans les années qui arrivent : démolition du bâtiment A1, puis des bâtiments G et H.

Date des destructions : 2021 à 2028

Démolition d’un bâtiment de la cité Python-Duvernois (20ème) en Septembre 2021 – Crédits : Alain Guilhot (Divergence Images)
Démolition d’un bâtiment de la cité Python-Duvernois (20ème) en Septembre 2021 – Crédits : Alain Guilhot (Divergence Images)
Plan d’urbanisme de la cité Python (20ème) 2021-2022 – Crédits : Mairie du 20ème
Plan d’urbanisme de la cité Python (20ème) 2023-2024 – Crédits : Mairie du 20ème
Plan d’urbanisme de la cité Python (20ème) 2025-2026 – Crédits : Mairie du 20ème
Plan d’urbanisme de la cité Python (20ème) 2027-2028 – Crédits : Mairie du 20ème

Sources : Wikipedia, Swaps n° 68 (trouvé sur vih.org par Alexandre Marchant), Pss-archi

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