Les gangs de Paris IDF dans les années 1980-1990

Quand on évoque la rue des années 80 et 90, on en revient systématiquement à parler des gangs qui ont sévi dans la capitale, dans un premier pour la chasse aux skins puis dans un second temps, à travers ce qu’on pourrait appeler la guerre des gangs.

Cet article n’a pas pour vocation de résumer ou d’approfondir le sujet, mais uniquement de lister grossièrement les gangs et les quartiers en IDF où ces gangs étaient basés. D’ailleurs, cette liste n’est pas exhaustive, loin de là, il y a très certainement des oublis.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, y a des livres et des DVD qui en parlent plus en détails. Il suffit juste de chercher un peu.

Les gangs de Paris IDF dans les années 1980-1990 :

Simone Weil / Olympiades / La Brillat-Savarin – 13ème (75) : Les Bourreurs, Ducky Boys, Red Warriors

Place des Fêtes – 19ème (75) : Les Asnay

Riquet / Cambrai – 19ème (75) : Requins Vicieux

La Villette – 19ème (75) : Vikings, Panthers

Chelles (77) : ZWK

Achères (78) : CAF

Chanteloup-les-Vignes (78) : Requins Juniors

Les Mureaux (78) : Les Gremlins

Mantes-la-Jolie (78) : Mendhi

Sartrouville (78) : Requins Vicieux

Trappes (78) : Les Black Spider

Corbeil-Essonnes (91) : Fight Boyz

Évry (91) : Les S.O.C

Grigny (91) : Fight Boyz

Clichy-la-Garenne (92) : Maniaque Posse

La Défense (92) : Black Dragon

Drancy (93) : CRS

Épinay-sur-Seine (93) : NTM

Montfermeil (93) : ZWK

Noisy-le-Grand (93) : Black Fist

Saint-Denis (93) : NTM

Ivry-sur-Seine (94) : Requins Vicieux, Black Fist

Vitry-sur-Seine (94) : Little Mc

Argenteuil (95) : Black Dragon, Dernier Salauds

Cergy (95) : CAF

Garges-lès-Gonesse (95) : Secte ABDULAÏ

Sarcelles (95) : CKC, Secte ABDULAÏ, Mendhi, Fresh Boy

Villiers-le-Bel (95) : Secte ABDULAÏ

Carte des gangs de Paris des années 1980-1990 – Crédits : France Soir

En réponse au grand nombre d’actes racistes perpétrés par des groupuscules issus de la mouvance skinhead xénophobe (boneheads…) au début des années 80, une première génération de bandes émerge dans la banlieue parisienne.

Les Bousnes, Asneys -ainsi qu’une section française des Black Panthers– organisent la riposte. Ces premières « chasses » anti-skins coïncident avec l’éveil de la jeunesse française à la « conscience Black » et aux balbutiements du mouvement Hip Hop.

C’est dans ce contexte que les Black Dragons se forment en 1983. Le mouvement ne tarde pas à faire parler de lui et fédère rapidement de nombreux jeunes (pour la plupart passionnés d’arts martiaux) autour de Yves « le vent », fondateur et chef incontesté.

A son âge d’or, le gang compte plus de 600 membres. Leur territoire : le quartier de La Défense et une partie des Hauts-de-Seine (92). Le « crew » s’échappe régulièrement vers le Forum des Halles, point chaud du Paris des eighties. Un centre névralgique où les affrontements sont fréquents avec les « boneheads » du Nazi Klan, des Tolbiacs Boys ou les membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, fondées et dirigées par le militant d’extrême-droite Serge Ayoub, plus connu sous le nom de Batskin, en raison de son amour des bates de baseball.

Entre 1988 et 1991, les gangs parisiens ne font plus cause commune et s’entredéchirent dans une longue guerre fratricide. Tous se lancent à la conquête de la rue. Territoire, argent, drogues… c’est l’escalade de la violence et le début des dérives criminelles.

(source : Le Nouvel Obs)

Gilles Elie Cohen rencontre les « Vikings » à la Villette, banlieue au nord de Paris. Il se lie d’amitié avec ce gang de gamins que l’on appellerait « cats » en argot américain. « Cats » signifie « mec cool », c’est comme ça qu’on les décrit car ils aiment la fête, la danse et la mode. Ils voulaient représenter les années 50 avec leur soif de vivre et surtout leur envie de régner sur le quartier. Ils tirent ce nom de « Vikings » en référence au groupe « The Del-Vikings », premier groupe de Rock’n’Roll mélangeant les noirs et les blancs. La discrimination raciale est exclue – ils sont un peu les antifas (antifascites) d’aujourd’hui.

Peu à peu, le photographe les suit et capture leurs instants de vie. Il rencontrera ensuite les « Panthers » autre gang de la Villette. Les « Panthers » eux tirent leur nom d’un mouvement afro-américain : les « Black Panthers » Ils aiment les sports de combats et arborent fièrement leurs blousons de l’US force pour se distinguer. Rivalité sans querelles, les deux gangs se partagent le territoire et règnent en maîtres. Les photographies exposées sont uniques et traduisent l’ambiance de ces années et la singularité de ces groupes de potes aux mêmes valeurs.

(source : Openminded)

Vikings et Panthers – Gilles Élie Cohen

Nous partons à la rencontre des célèbres « Zoulous », gang bien connu au début des années 90 pour les agressions et les vols qu’ils pratiquaient en rentrant en nombre dans les centres commerciaux. Ils nous expliquent comment on peut les identifier en regardant simplement les vêtements qu’ils portent. Et ce nom de zoulous, ils le perçoivent mal, car ils ne s’identifient pas vraiment à ce mouvement hip-hop né dans les années 80, lancé à New York par le DJ Afrika Bambaata, dondateur de la Zulu Nation.

1990 reste dans notre mémoire pour les rixes géantes qui opposaient la bande des Blacks Dragons contre celle des Mendy’s, 200 jeunes qui se battent en plein quartier d’affaire de la Défense, au milieu de l’Esplanade, sous le regard des nombreux touristes et qui laissera sur le sol le corps inanimé du jeune de 19 ans, Oumar Touré.

Déjà en début d’année 1990 deux bandes rivales de Chanteloup-les-Vignes et d’Achères s’affrontent à coups de barres de fer et de battes de base-ball, la ville sera surnommée « Chicago-en-Yvelines » dans le journal télévisé de France 3. Ce sont ces évènements qui inspireront Mathieu Kassovitz pour son film « La haine ».

Quelques années plus tard, en mars 1994, au parc de La Courneuve, Philippe Huynh est attiré dans un traquenard et exécuté de deux balles dans la tête par un chef de bande pour une histoire de fille. Le meurtrier est rattrapé par les jeunes de Garges, passé à tabac, puis livré à la police.

En janvier 2001, comme une répétition de ce qui s’était passé en 1990, plus de 400 jeunes, venus de cités des Yvelines envahissent le quartier de La Défense, pillant les commerces du Centre commercial des Quatre Temps, puis s’affrontant avec des haches et de couteaux.

https://www.leparisien.fr/faits-divers/guerre-des-bandes-en-plein-centre-commercial-28-01-2001-2001920225.php

Tout ceci pour nous rappeler que depuis le milieu des années 80 les phénomènes de bandes avec la violence, les vols et le racket défrayent régulièrement la chronique, suscitant à chaque fois une vive émotion avec des nombreuses prises de positions et des mesures politiques qui jusqu’ici n’auront pas su enrayer ce climat d’insécurité et des drames qui se succèdent.

(source : Grand Paris Métropole)

L’anti-fascisme incarné par les Black Dragons

Venu des Etats-Unis, le gang anti-skinheads des Black Dragons débarque en France au début des années 1980 sur les épaules de son fondateur, Yves Madichon dit « Le Vent ». Le crédo de la bande (qui luttait à l’origine aux côtés des Blacks Panthers contre les actions racistes du KKK) se trouve dans la discipline des arts martiaux et la culture hip-hop pour combattre la brutalité désorganisée et aveugle des skinheads.

Black Dragons – Crédits : Yan Morvan

De bastons ponctuelles pour le contrôle des rues dans la capitale vers le combat antifasciste permanent, le groupe s’élève à un peu moins de 1000 membres et comportait en son sein d’autres gangs. Côté nanas, les Miss Black Dragons étaient de vraies guerrières servant de relais vers la communauté féminine pour servir la cause des Dragons.

Skinheads contre anti-fascistes

A partir des années 1970 commencent à se former des groupes racistes comme les bandes de bikers qui arboraient fièrement croix gammées et insignes de la Wehrmacht, comme les Hell’s de Répu, et les rockers comme les VikingsTeddy Boys et Rebelles de Tolbiac.

En même temps, les bandes de rockeurs noirs (les Asneys, Bounce 45) sortaient également pour affronter les blancs du côté des puces de Clignancourt.

S’y ajoutent les skinheads, groupuscules les plus violents comme Nomad 88, auteur d’une rixe à la mitraillette dans l’Essonne mais aussi le Nazi Klan ou les Tolbiac’s Toads, tous liés aux groupuscules d’extrême droite. En 1984, ils occupent le centre de Paris et la place du Châtelet notamment, jusqu’à se faire déloger par les commandos de Redskins (mouvement d’extrême gauche prônant l’anti-racisme radical). Parmi eux, les Ducky Boys fondés en 1982, les Red Warriors en 1985 mais aussi les Félins, les Ruddy Fox ou les Green Berets, tous anti-racistes proches du mouvement SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice).

Plus tard, les bandes influencées par les Black Panthers (dont les Black Dragons et de la Mafia Z) sont supplantées par des Gangs Units des cités dans les années 2000, de plus en plus violentes comme les Blacks Sans Pitié de Grigny, les Mafia Negro de Corbeil-Essonnes ou les Black Power Junior de Sarcelles.

(Source : lebonbon.fr)

2 commentaires sur « Les gangs de Paris IDF dans les années 1980-1990 »

  1. https://vm.tiktok.com/ZGdYpRnyh/

    Assassinat d’une figure emblématique du grand banditisme de Paris, forcément à la Banane. Mounir C.

    Quel époque quand même la Banane dans les années 90, 2000. Les benbou, mohamed diawara, mounir ect… Le grand banditisme dans ce quartier pour un quartier en plein paris c’est limite affolant!

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